S’évader dans les réserves naturelles régionales

Certains espaces naturels sont remarquables pour leur faune, leur flore, leurs habitats naturels ou leur patrimoine géologique. Pour protéger ces richesses, les régions ont la possibilité, depuis 2002, de classer ces sites en réserves naturelles.
Zoom sur les cinq réserves classées dans notre Région.

Qu’est-ce qu’une réserve naturelle régionale ?

Une réserve naturelle régionale (RNR) vise à préserver un site naturel présentant un intérêt pour la faune, la flore, le patrimoine géologique ou paléontologique ou, d’une manière générale, pour la protection des milieux naturels. Les sites qu’il convient de soustraire à toute intervention artificielle susceptible de les dégrader peuvent également être classés en réserve naturelle régionale.

Ces aires protégées ont fait l’objet d’un classement par délibération du Conseil régional. Une réglementation définit les mesures de protection propres à chaque site.

Les réserves constituent des supports pour l’éducation à l’environnement, la sensibilisation à la biodiversité et la découverte de milieux naturels représentatifs de la région Centre-Val de Loire. Elles sont ouvertes et accessibles au public librement et gratuitement. La condition est d’en respecter la réglementation.

À ce jour, cinq réserves sont classées en région Centre-Val de Loire. L’objectif est de créer un réseau d’une quinzaine de réserves d’ici 2030.

La réserve de Pontlevoy (Loir-et-Cher)

La réserve naturelle géologique régionale de Pontlevoy

Cette réserve, gérée par le Comité Départemental de Protection de la Nature et de l’Environnement, regroupe deux sites sur la commune de Pontlevoy, à 25 km au sud de Blois.

  • Le site du Four à Chaux est une ancienne carrière de faluns (sables coquilliers). Sa particularité ? Il permet d’observer la superposition de roches déposées à l’ère tertiaire.
  • Le site du Haut de la Plaine Saint-Gilles, situé à 200m de la carrière du Four à Chaux, est une ancienne carrière de pierre. La pierre de Pontlevoy était réputée. Elle peut d’ailleurs être observée sur de nombreux bâtiments à Pontlevoy (abbaye, soubassement de nombreuses maisons…) et au-delà (soubassements du château de Chaumont-sur-Loire, ponts à Amboise, Montlouis…).

La réserve de la Vallée des Cailles à Boncourt (Eure-et-Loir)

La RNR de la Vallée des Cailles à Boncourt

Située à 15 km au nord de Dreux, sur la commune de Boncourt, la Vallée des Cailles est nichée dans un vallon sec sur près de 2 kilomètres en bordure de la forêt domaniale de Dreux. Sa superficie totale est de 45 hectares. Cette réserve est gérée par le CEN Centre.
La Vallée des Cailles se caractérise par :

  • une mosaïque de milieux typiques des coteaux calcaires, parmi lesquels les pelouses calcicoles thermophiles (habitat d’intérêt communautaire) d’une grande originalité,
  • des boisements, fourrés et des cultures,
  • un grand intérêt floristique, avec notamment 14 espèces d’orchidées, qui lui valent son surnom de « vallée aux orchidées »,
  • un abondant matériel lithique, qui montre que cette vallée fut un centre important de débitage de silex du Paléolithique ancien au Néolithique (des ossements préhistoriques et des vestiges antiques y ont été découverts),
  • un intérêt paysager, avec une forêt bucolique et des perspectives paysagères intéressantes du fait de la vaste pelouse calcaire, faisant de ce site un lieu de promenade apprécié.

La réserve du Bois des Roches à Pouligny-Saint-Pierre (Indre)

La RNR du Bois des Roches à Pouligny-Saint-Pierre

Situé à 60 km au sud-ouest de Châteauroux, cet espace naturel domine la Creuse du haut de ses falaises. Il est propriété du Conservatoire d'Espaces Naturels de la région Centre (CEN Centre) depuis 1992.
Ce site, dont les premières mentions de la flore apparaissent en 1857, compte 11 habitats naturels différents parmi lesquels 4 sont d’intérêt européen, et abrite 329 espèces végétales.

Les 32 grottes et cavités d’origine karstique du site, créées à la faveur de phénomènes d’érosion, ont servi d’abri aux hommes préhistoriques (-60 000 à -13 000 ans). Elles sont aujourd’hui occupées par les chauves-souris, dont celles de la famille des rhinolophidés.

La réserve du Marais de Taligny à La Roche-Clermault (Indre-et-Loire)

La RNR du Marais de Taligny à La Roche-Clermault

Situés à La Roche-Clermault, à 10 km au sud-ouest de Chinon, ces terrains communaux d’environ 60 hectares étaient autrefois d’une grande richesse floristique et faunistique. Ils constituaient alors l’un des plus grands marais de Touraine.
L’intérêt écologique du marais réside principalement dans la présence de milieux aquatiques et de bas-marais herbacés. Ces derniers tendent à s’assécher et à se reboiser en l’absence d’une gestion adaptée et pérenne. Le site a été dégradé par divers assèchements et par son exploitation en peupleraie. Des efforts de restauration sont engagés depuis plusieurs années, renforcés par le double classement en Espace Naturel Sensible par le Département d’Indre-et-Loire et en Réserve Naturelle Régionale par la Région Centre.

Actuellement, ce site naturel remarquable se caractérise par :

  • une végétation typique des marais, constituée de plantes aquatiques, de prairies humides, de roselières et de taillis arbustifs humides, avec notamment la présence d’une dizaine d’habitats patrimoniaux au niveau régional, et une vingtaine d’espèces patrimoniales au niveau régional,
  • une diversité faunistique sous-estimée, avec de nombreuses espèces à fort enjeu de conservation : le marais accueille une communauté de passereaux nicheurs et migrateurs exceptionnelle, ainsi qu’un cortège d’insectes diversifié parmi lequel la diversité des Odonates (libellules) et Orthoptères (grillons criquets, sauterelles) apparait particulièrement riche.

La réserve Terres et Etangs de Brenne, Foucault, Massé (Indre)

La RNR Terres et Etangs de Brenne, Foucault, Massé

Situé à Rosnay (36), le site est constitué d’une mosaïque de prairies et de zones humides sur près de 314 hectares. Les zones humides sont principalement composées des étangs suivants :

  • les étangs Foucault, propriété du Parc naturel régional de la Brenne depuis 1996,
  • l’étang Thomas, acheté par le Conseil régional du Centre en 2010,
  • la propriété de l’étang Massé, acquis par le Conservatoire d’espaces naturels de la région Centre en 2012.

25 habitats naturels caractéristiques de la Grande Brenne (herbier à potamots, gazon amphibie à souchets, landes et prairies humides, etc.) y ont été dénombrés. Leur organisation illustre les usages qui y sont associés : l’élevage dans les prairies, la pisciculture douce dans les étangs.

Une forte diversité floristique caractérise les milieux prairiaux, avec 280 plantes supérieures, dont 4 plantes protégées au niveau national, 9 protégées au niveau régional et 32 espèces d’intérêt local. L’avifaune y est également riche : 160 espèces d’oiseaux ont été observées, dont 87 espèces nicheuses.

Le site bénéficie de la présence d’une des plus belles héronnières de Brenne, sur l’étang Massé, qui accueille de nombreuses espèces d’oiseaux pour la nidification et la migration. Les étangs de Foucault et de Bénisme jouent un rôle important en hiver, car ils accueillent plusieurs centaines d’oiseaux, comme des sarcelles d’hiver ou des vanneaux huppés.

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